Les bases : qu'est-ce qui est imposable ?
En France, la fiscalité des cryptomonnaies pour les particuliers est régie par l'article 150 VH bis du Code général des impôts (CGI). Le principe fondamental est le suivant : seul le passage en monnaie fiat (euros, dollars, etc.) constitue un fait générateur d'imposition.
Dit autrement : tant que vous restez dans l'univers crypto, vous n'êtes pas imposé.
- Imposable (fait générateur) : vente de crypto contre des euros (ou toute autre monnaie légale), paiement d'un bien ou service en crypto, conversion vers un stablecoin adossé à une monnaie légale dans certains cas.
- Non imposable (pas de fait générateur) : échange crypto contre crypto (BTC → ETH, ETH → SOL, BTC → USDC si USDC est traité comme crypto et non comme monnaie légale selon l'interprétation de l'administration), achat de crypto, simple transfert entre vos propres wallets.
Cette distinction est fondamentale et souvent mal comprise. Beaucoup d'investisseurs pensent à tort qu'ils doivent déclarer chaque échange crypto-contre-crypto. C'est faux. Seule la sortie vers des euros (ou équivalent) déclenche l'imposition.
Le taux d'imposition en 2026 : 31,4 %
Depuis le 1er janvier 2026, les plus-values réalisées sur cessions de cryptomonnaies par des particuliers sont soumises au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) — aussi appelé flat tax — au taux global de 31,4 %, soit :
- 12,8 % d'impôt sur le revenu (inchangé)
- 18,6 % de prélèvements sociaux (hausse de la CSG de 1 point par rapport à 2025)
Ce taux s'applique à la plus-value nette globale de l'année, c'est-à-dire à la somme de toutes vos plus-values minus vos moins-values réalisées dans l'année civile.
Option pour le barème progressif : si votre tranche marginale d'imposition (TMI) est inférieure à 12,8 %, vous pouvez opter pour le barème progressif de l'IR. Cette option s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values, pas uniquement à vos cryptos. Elle est généralement avantageuse uniquement pour les contribuables non imposables ou dans la tranche à 11 %.
Le calcul de la plus-value : la formule proportionnelle
C'est la partie la plus technique — et la plus souvent mal calculée. L'article 150 VH bis du CGI impose une formule proportionnelle spécifique pour calculer la plus-value sur chaque cession.
La formule :
Détaillons chaque composante :
- Prix de cession : le montant en euros que vous recevez lors de la vente, net des frais de transaction éventuels.
- Prix total d'acquisition : la somme de tous vos investissements en crypto depuis le début (tous vos achats, en euros, depuis votre première acquisition). Ce montant ne diminue pas au fil des cessions.
- Valeur cédée : la valeur en euros de la fraction de crypto que vous vendez, au moment de la cession.
- Valeur totale du portefeuille crypto au moment de la cession : la valeur de marché de l'ensemble de vos cryptomonnaies (sur tous vos wallets et exchanges) au moment exact où vous effectuez la vente.
C'est ce dernier point qui rend le calcul si complexe : vous devez connaître la valeur totale de votre portefeuille crypto à chaque instant où vous effectuez une cession. Sans outil dédié, cela implique de noter manuellement les cours à chaque vente — une tâche fastidieuse et source d'erreurs.
Exemple chiffré
Vous avez investi au total 10 000 € en crypto (prix total d'acquisition = 10 000 €). Votre portefeuille vaut aujourd'hui 25 000 €. Vous vendez 1 BTC pour 5 000 €.
- Prix de cession : 5 000 €
- Quote-part du coût d'acquisition : 10 000 € × 5 000 € / 25 000 € = 2 000 €
- Plus-value imposable : 5 000 − 2 000 = 3 000 €
- Impôt dû (flat tax 31,4 %) : 3 000 × 31,4 % = 942 €
Le formulaire 2086 : comment le remplir
Le formulaire 2086 est la déclaration spécifique des plus-values de cessions de cryptomonnaies. Il doit être joint à votre déclaration de revenus annuelle (formulaire 2042 C) si vous avez réalisé des cessions imposables dans l'année.
Le 2086 comporte une ligne par cession imposable réalisée dans l'année. Pour chaque cession, vous devez renseigner :
- La date de la cession
- La désignation de l'actif cédé
- Le prix de cession
- Le prix total d'acquisition de l'ensemble du portefeuille
- La valeur totale du portefeuille au moment de la cession
- La fraction de capital initial utilisée (calculée automatiquement)
- La plus ou moins-value brute
Si vous avez effectué de nombreuses transactions dans l'année, le 2086 peut rapidement comporter des dizaines de lignes. Un outil comme Lynta Plus génère ce récapitulatif automatiquement à partir de vos transactions enregistrées.
Guide complet : déclarer ses cryptos avec le 2086, 3916-bis et 2042 CLe formulaire 3916-bis : déclarer vos comptes étrangers
Si vous détenez des cryptomonnaies sur une plateforme étrangère (exchange non français), vous avez l'obligation légale de déclarer ce compte via le formulaire 3916-bis. Cette obligation s'applique indépendamment du montant détenu et même si vous n'avez effectué aucune cession dans l'année.
Les exchanges concernés incluent notamment Binance, Coinbase, Kraken, OKX, et tout autre exchange dont le siège social est hors de France. Les plateformes françaises (comme Bitstack ou Coinhouse) sont exemptées de cette obligation.
Sanction en cas d'omission : l'absence de déclaration d'un compte étranger est passible d'une amende de 750 € par compte non déclaré (portée à 1 500 € si la valeur du compte dépasse 50 000 €), et de 10 000 € par compte si l'État est dans un territoire non coopératif. Ne sous-estimez pas cette obligation.
Le report en 2042 C : cases à remplir
Une fois votre formulaire 2086 complété, vous reportez le résultat dans la déclaration principale (formulaire 2042 C) :
- Case 3AN : plus-value nette globale (somme de toutes vos plus-values de l'année, après déduction des moins-values).
- Case 3BN : moins-value nette (si vous avez globalement perdu de l'argent sur l'année). Attention : les moins-values crypto ne sont PAS reportables sur les années suivantes — c'est une différence importante avec les moins-values sur valeurs mobilières classiques.
- Case 8UU : à cocher si vous exercez votre activité à titre habituel (statut professionnel). Pour les particuliers qui investissent à titre non-professionnel, ne cochez pas cette case.
La distinction entre activité à titre habituel (BIC) et activité à titre occasionnel (150 VH bis) est souvent source de confusion. L'administration fiscale apprécie la situation au cas par cas. En pratique, un particulier qui investit régulièrement mais sans activité commerciale organisée relève du régime 150 VH bis (flat tax sur plus-values).
L'IFU et les exchanges : ce qu'il faut savoir
Les exchanges français ont l'obligation depuis 2020 de transmettre à la DGFiP un récapitulatif des transactions de leurs clients français (équivalent de l'IFU pour les crypto). Ces données sont de plus en plus intégrées au pré-remplissage de la déclaration de revenus.
Cela ne signifie pas que votre déclaration est automatiquement correcte. Le pré-remplissage peut être incomplet (notamment pour les exchanges étrangers) ou erroné. Vous restez responsable de l'exactitude de votre déclaration.
IFU et pré-remplissage : ce qu'il faut vérifierErreurs fréquentes et comment les éviter
- Déclarer les échanges crypto-contre-crypto comme des cessions imposables. Un swap BTC → ETH n'est pas imposable. Ne le déclarez pas comme une plus-value.
- Oublier des exchanges ou wallets dans le calcul de la valeur totale du portefeuille. La formule impose de connaître la valeur de l'ensemble de vos crypto au moment de chaque cession. Un wallet oublié fausse le calcul.
- Ne pas déclarer les comptes étrangers (3916-bis). Même si vous n'avez pas vendu, vous devez déclarer vos comptes sur exchanges étrangers.
- Croire que les moins-values sont reportables. Contrairement aux moins-values sur valeurs mobilières classiques, les moins-values crypto de l'année ne sont pas reportables sur les années suivantes.
- Ne pas conserver les justificatifs. Gardez les relevés de vos exchanges (historique de transactions, cours au moment des cessions) pendant au moins 6 ans. L'administration peut demander à contrôler votre déclaration.
Comment Lynta simplifie la déclaration crypto
Lynta fait la distinction automatique entre les échanges en euros (imposables, type VENTE) et les échanges crypto-contre-crypto (non imposables, type SWAP). Cette distinction est matérialisée dans votre historique de transactions et dans votre rapport fiscal.
Avec Lynta Plus, vous accédez à un rapport fiscal annuel structuré qui liste toutes vos cessions imposables, calcule la plus-value pour chacune selon la formule 150 VH bis, et vous fournit les données nécessaires pour remplir votre formulaire 2086. Vous disposez ainsi d'une base fiable pour votre déclaration, sans avoir à retrouver manuellement les cours à chaque date de cession.